Retour

2 octobre 2026

La coïncidence

François-Henri Désérable

François-Henri Désérable - La coïncidence
©Claire Désérable

“ C’était le plus beau vin rouge que j’avais bu ”

Partager

C’était en juillet 2020. Je faisais un premier voyage en Bourgogne à vélo parmi les vignes, dans la Côte de Beaune entre Meursault et Puligny-Montrachet, et je me souviens m’être dit qu’il n’y avait pas de grands romans sur le vin.

Une fois rentré chez moi à Paris j’ai commencé à me documenter sur le vin, à acheter beaucoup de livres et à regarder des interviews de vignerons.
Parmi ces vignerons-là, il y en avait un qui s’appelait Sylvain Pataille. Il ressemblait à une sorte de Barbe-Rousse avec des petites lunettes d’Harry Potter et il parlait du vin avec une passion tout à fait communicative.

Quelques mois plus tard je retourne en Bourgogne, je reloue un vélo et un midi je m’arrête dans un restaurant de Chambolle-Musigny. J’étais avec ma compagne de l’époque et je vois qu’il y a à la carte un Marsannay Les Longeroies du domaine Sylvain Pataille, millésime 2016. Comme j’avais écouté ces entretiens je me dis : « Voilà, on va goûter les vins de Pataille ! ». Le sommelier nous sert un verre. On le goûte ensemble. Et là on se dit : « Waouh ! ». On est saisi par toute l’expression de ce vin. C’était vraiment le plus beau vin rouge que j’avais bu. Pourtant, c’est un village, pas un grand cru, ni même un premier cru.

Donc on déjeune, on finit la bouteille, on est enchantés. On remonte sur nos vélos pour se promener dans les vignes avec l’air un peu guilleret de ceux qui viennent de se faire un super déjeuner agrémenté d’une très bonne bouteille de vin.
C’est alors que je vois un type sur son tracteur enjambeur, du côté de Marsannay et je reconnais Sylvain Pataille que je n’avais jamais rencontré. On le poursuit alors à travers les vignes sur nos vélos et je finis par lui faire une queue de poisson. Il s’arrête et descend de son tracteur, prêt à en découdre.
Je lui dis : « Écoutez, c’est extraordinaire ! On vient de s’arrêter dans un restaurant, on a bu votre vin, votre Marsannay Les Longeroies 2016. On a trouvé que c’était une bouteille magnifique. On s’apprêtait même à appeler votre domaine pour pouvoir en commander des caisses. »
Et là, c’est tout juste s’il ne nous a pas serrés dans ses bras et il nous dit : « Eh bien venez à la maison demain, j’organise une dégustation. »

Ce hasard et cette générosité des vignerons en disent long sur qui ils sont et sur le métier. Parce qu’ils ont une hospitalité et une générosité qui sont assez peu communes dans les autres corps de métier.

ACTUALITÉ

Le Palais de François-Henri Désérable
Arun Kumar est doté d’un palais absolu — une mémoire des arômes si infaillible qu’elle confine au prodige. Ce don extraordinaire, il entend bien en faire l’instrument de sa revanche. Reste à découvrir comment. Et contre qui.Des bidonvilles de Delhi aux caves de Bourgogne, des îles Marquises aux tours de Manhattan, François-Henri Désérable signe avec Le Palais un grand roman d’aventures sur le vin, portrait d’un génie hors la loi dont les crimes se dégustent.